Au-delà


Mon problème avec Clint Eastwood, c'est que j'aime tellement ses films que je serai inévitablement un jour déçue par l'une de ses oeuvres. Or, si à la fin de la projection j'étais hésitante, les quelques jours de recul que j'ai laissé passer m'ont fait apprécier Au-delà.

Le sujet d'Au-delà (l'expérience de la mort) était assez dangereux pour que les fans d'Eastwood aient des réserves. J'en suis même venue à me demander si, comme dans le film, le public Français ne serait pas plus réticent à ce genre de thème que les Américains. Pour l'instant, les critiques plutôt froides de la presse semblent donner raison à cette hypothèse, mais je soupçonne que ces opinions ne soient pas surtout le fruit d'un modèle trop élevé... Il faut dire qu'Eastwood a enchainé tellement de chefs-d'oeuvre qu'on ne s'attend plus qu'à de l'excellence.

Pour ma part, j'ai trouvé que si Au-delà n'était certes pas l'un des meilleurs films réalisés par Eastwood, ce n'était pas pour autant un film quelconque, et encore moins raté. D'abord, parce que les personnages de Matt Damon et des frères McLaren proposent un savant mélange de détermination et de tristesse qui ne m'ont pas laissé indifférente. Ensuite, parce qu'Eastwood parvient à nous proposer des scènes très émouvantes, qu'il s'agisse de l'effroi provoqué par le tsunami ou de l'empathie ressentie lorsque l'on découvre la solitude des personnages. J'ai particulièrement apprécié les plans qui s'attardaient sur le visage et les silences du personnage de Damon, séquences qui soulignent la qualité d'interprétation de l'acteur.

Au-delà reste pourtant un film un peu trop long. Il faut dire qu'il démarre très fort entre le tsunami et l'accident mortel d'un personnage, et qu'il perd peu à peu de son rythme. Je ne remercie d'ailleurs pas Cécile de France, qui livre une interprétation assez pauvre: son personnage bourgeois n'a pas de crédibilité et n'apporte pas grand chose au film. Un bilan mitigé, mais un film qui reste plutôt bon dans l'ensemble.

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